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Nous avons le plaisir de vous annoncer la soutenance de la thèse en anthropologie de Noemi DIDU

Nous avons traversé la forêt
Une ethnographie audiovisuelle entre France et Cambodge

La soutenance aura lieu le 

mercredi 23 septembre 

14h00 et 18h00 

à la MMSH en salle Duby,

devant un jury composé de :

  • Hélène BERTHELEU , rapportrice, PU, CITERES, Université de Tours
  • Caterina PASQUALINO, rapportrice, DR, CNRS, LAP, EHESS
  • Phuong Ngoc NGUYEN, examinatrice, PU, IrAsia, Aix-Marseille Université
  • Boris PETRIC , examinateur, DR, CNRS, Centre Norbert Elias, Aix-Marseille Université
  • LinDa SAPHAN , examinatrice, PU, University of Mount Saint Vincent – New York
  • Caroline BODOLEC, Présidente du jury, DR, CNRS, CCJ, EHESS, Directrice adjointe scientifique CNRS SHS
  • Anne Yvonne GUILLOU, Directrice de thèse, DR, CNRS, LESC, Université Paris Nanterre
  • Laurent VAN LANCKER, Co-directeur de thèse, PU, IDEAS, Aix-Marseille Université

La soutenance sera suivie d’un pot servi en salle de convivialité (bâtiment C). 

À des fins d’organisation, merci de vous inscrire en suivant ce lien, avant le 13/09/2026 : 

https://framaforms.org/soutenance-de-these-de-noemi-didu-1787927042

 

Résumé 

S’inscrivant dans le champ de l’anthropologie audiovisuelle, cette thèse explore l’expérience migratoire des Cambodgiens ayant fui le régime des Khmers rouges en 1975 pour s’établir à Marseille et dans la région Sud, après un passage par les camps de réfugiés thaïlandais, et de leurs descendants. À travers une approche à la fois synchronique diachronique et une ethnographie multi-située de dix-huit mois, menée entre 2021 et 2024, ce travail examine le vécu social des réfugiés de première génération et de leurs descendants, en se concentrant sur deux lieux pivots : un vatt (monastère bouddhique) en diaspora et une forêt frontalière avec la Thaïlande. La recherche met en exergue la manière dont ces espaces — le monastère fondé en exil et la forêt traversée lors de la fuite — participent à la construction d’un imaginaire collectif, à l’élaboration d’un récit fondateur et au maintien des liens avec le pays d’origine et ses structures sociales. Par ailleurs, elle souligne le rôle déterminant des diverses formes de mobilité dans la structuration et la pérennisation de cet espace social en exil. Enfin, l’articulation entre l’ethnographie multi-située et la réalisation d’œuvres audiovisuelles révèle une multiplicité de rapports au passé et de mises en récit mémorielles, tout en mettant en lumière des stratégies de résistance et de réappropriation face aux récits dominants.

Abstract

In an audiovisual anthropology approach, this thesis explores the migration experience of Cambodians who fled the Khmer Rouge regime in 1975 and settled in Marseille and the South of France, after spending time in Thai refugee camps, and their descendants. Through a synchronic and diachronic approach, combined with an eighteen-month multi-sited ethnographic fieldwork conducted between 2021 and 2024, this research examines the social experiences of first-generation refugees and their descendants, focusing on two key locations: a vatt (Buddhist monastery) in the diaspora and a forest on the border with Thailand. The research highlights how both of these spaces—the monastery they founded in exile and the forest they fled through into Thailand—contribute to building their collective imagination, establishing a common founding narrative, and maintaining the relationships with their country of origin and its social structures. Furthermore, it emphasises on the decisive role played by various forms of mobility in the way they shape and sustain the social space in exile. Finally, the interplay between multi-sited ethnography and the production of audiovisual works reveals a great diversity of relations to the past and ways of narrating memory, whilst highlighting strategies of resistance and reappropriation in the face of dominant narratives.