L'équipe du programme LivaL - Living Altogether, Religious Plurality and Spiritual Subjectivities est heureuse de vous inviter à participer à son prochain Workshop
Le 16 janvier 2026, de 9h à 12h
MMSH - Aix-en-Provence
Salle 101 ou en ligne (demander le lien zoom à maia.guillot@gmail.com)
L'atelier sera mené autour de la présentation de Séverine Gabry-Thienpont
Vivre avec les esprits : musique et pluralité religieuse
dans le zār égyptien
Illustration © Mounir Canaan, Zaar, 1946, huile sur papier, 32 x 47 cm, Sharjah Art Foundation Collection
« Quoi ? Tu travailles sur le zār ?! C’est le truc où les femmes dansent comme ça… »
Illustration: Mounir Canaan, Zaar, 1946, huile sur papier, 32 x 47 cm, Sharjah Art Foundation Collection
Cette remarque, souvent accompagnée de gestes volontairement grotesques et d’un sourire narquois, m’est régulièrement adressée en Égypte lorsque j’évoque mes recherches sur le zār.
Rite de possession originaire d’Éthiopie et du Soudan, attesté en Égypte depuis le XIXᵉ siècle, le zār a longtemps été pratiqué à des fins thérapeutiques. De nos jours, pris entre mépris culturel (conséquence de pressions religieuses et morales) et reconfigurations urbaines, sa pratique décline. Le zār s’effectue donc discrètement, voire secrètement, loin des regards tant des mari, père et fils – qui interdisent aux femmes de « faire le zār » – que de la société qui le réprouve. « Faire le zār » (camal ez-zār), c’est en effet reconnaître l’existence d’entités invisibles auxquelles les adeptes cherchent à s’unir par une possession volontaire. Celle-ci elle est orientée et contenue par des formes musicales spécifiques, associées aux entités. Qualifier ce rite de païen serait alors facile si certaines de ces entités n’étaient en réalité des Ahl al- Bayt, des « Gens de la Maison », membres de la famille du Prophète, ou encore des esprits chrétiens. Le zār apparaît ainsi comme un dispositif rituel structurellement traversé par une pluralité religieuse, spirituelle et musicale, mise au service des sujets-adeptes.
À partir de différents moments ethnographiques, je vous propose de réfléchir ensemble aux répertoires musicaux du zār comme opérateurs de subjectivation et de relation aux entités. Quels sont les effets de ces musiques sur les sujets engagés dans le rite, dans un contexte de pratique sous pression ?
Avec :
- Sophie Bava (LPED – IRD)
- Marie-Laure Boursin (IDEAS – CNRS) Benoît Fliche (IDEAS – CNRS)
- Séverine Gabry-Thienpont (IDEAS – CNRS) Maïa Guillot (Post-doc, Aix Marseille Univ, IDEAS)
- Géraldine Mossière (IER – Univ. De Montréal, Canada)
- Christophe Pons (IDEAS – CNRS)
- Clara Saraiva (ICS – Univ. De Lisbonne, Portugal)
LivaL (2025-2027) est un programme d’anthropologie religieuse qui revendique deux défis majeurs. D’une part, il affirme comme une nécessité le besoin de comprendre les subjectivités contemporaines, singulières et collectives, dans leurs diversités et leurs multiples modes de réalisation ; c’est aujourd’hui un défi majeur pour les sociétés modernes, et aussi pour l’anthropologie. D’autre part, LivaL insiste sur l’enjeu d’acceptation de la pluralité religieuse, qui est désormais une nécessité des sociétés contemporaines et non plus une option ; pour cela, l’anthropologie a vocation à devenir maîtresse d’œuvre des dialogues et pratiques de confrontations entre les religions et spiritualités. En associant ces deux volets, subjectivation et pluralité religieuse, le programme LivaL entend interroger les spiritualités contemporaines, les modalités religieuses subjectives de l’être agi et les transformations contemporaines des conceptions spirituelles de soi. Il articule cette thématique autour de trois axes majeurs que sont les Écritures, les Musiques, les Corps et Images, avec une dimension réflexive autour de la région Euro-Atlantico-Méditerranéenne. LivaL n’est pas une nouvelle proposition pour penser l’importance de l’autonomisation du soi dans l’engagement religieux, une tâche souvent entreprise, mais plutôt une tentative pour repenser, empiriquement et théoriquement – par l’ethnographie, la recherche comparative, la formation –, la diversité des transformations agentives des sujets et des conceptions de soi, la pluralité des nouvelles croyances et valeurs, la cohabitation des conceptions différentes et contradictoires, les besoins et défis qu’impliquent les politiques inclusives de demain. Ce projet repose sur deux piliers. D’abord, il est fortement structuré sur un partenariat académique et scientifique de longue durée (Projets, Publications, Formations, Revues) que l’Unité pilote (IDEAS) entretient avec les anthropologues sociaux portugais et le monde Lusophone au sens large. Avec LivaL, l’IDEAS déploie une vision académique d’internationalisation scientifique à long terme en ouvrant l’Anthropologie d’Aix-Marseille vers les mondes transatlantiques et notamment lusophones, comblant ainsi un vide scientifique et académique majeur. Ensuite, fort de ce partenariat portugais (ICS – Univ. de Lisbonne, Clara Saraiva) et d’une offre d’enseignement et de formation académique déjà structurée (avec un partenaire nord-américain canadien (IER, Univ de Montréal, Géraldine Mossière) et un autre spécialisé sur l’Afrique IRD/AMU (LPED – Sophie Bava), LivaL est un projet tremplin de deux ans ayant l’ambition de déposer un Projet collaboratif européen enrichi d'autres partenaires européens.
Évènement ayant bénéficié d’une aide du gouvernement français au titre de France 2030, dans le cadre de l’initiative d’Excellence d’Aix-Marseille Université – A*Midex, projet AMX-22-RE-AB-024 porté par Christophe Pons (IDEAS – CNRS/AMU).