Dans le cadre du congrès EASA 2026 « Anthropology: Possibilities in a Polarised World », nous avons le plaisir de vous inviter à soumettre une proposition de communication pour le panel « Seeing in Conflict: Visual Methods and Polarisation as Productive Tension »
Nous invitons des propositions qui interrogent les nouveaux défis auxquels sont confrontées les approches visuelles en anthropologie et qui examinent comment la polarisation, les tensions et les conflits peuvent être envisagés non seulement comme des obstacles, mais aussi comme des conditions productives permettant d’investir de nouveaux champs d’enquête - des champs susceptibles de générer de nouveaux modes de production des savoirs et de représentation visuelle.
Au cours de son histoire, l’anthropologie visuelle a contribué à produire et présenter de manière critique ses propres modes de production des savoirs. Elle constitue un espace où le sens est visuellement (re)discuté, interrogé et donné à voir dans ses frictions, engageant de nouvelles manières de voir et de connaître dans le temps et dans l'espace. Dans un monde qui semble exponentiellement façonné par des forces polarisantes et saturé d’images, l’anthropologie visuelle est confrontée à des défis éthiques et méthodologiques renouvelés (Pink 2006 ; Gill 2021). Est-ce la mondialisation qui fait de nous toutes et tous des individus regardants et regardés ? Et de l’image un lieu où tous les regards convergent ? Le visuel est-il devenu un espace de négociation permanente, un lieu de rencontre mais aussi de confrontation entre nos imaginaires (Lutz & Collins 1991) ?
Aujourd'hui, les modes de voir, de sentir et de connaître permettent d’explorer de nouveaux espaces au sein du langage visuel, capables d’harmoniser, de reconfigurer, de façonner ou de déconstruire le sens, en investissant des sphères qui ne se laissent pas nécessairement traduire par le texte. Nous proposons d’envisager la polarisation comme une tension productive. Lorsqu’elle est abordée de manière réflexive, cette tension met au jour les conditions mêmes de possibilité de la représentation. Quels défis les anthropologues visuels rencontrent-ils dans la conduite de leurs recherches et/ou dans leurs interactions ? Quelle valeur le langage visuel acquiert-il dans un monde de plus en plus polarisé ?
La description du panel et les modalités de soumission sont disponibles ici :
https://nomadit.co.uk/conference/easa2026/p/18409
Nous nous réjouissons de recevoir vos propositions et d’engager des échanges stimulants.
Les coordinatrices du panel
Oriane Girard (Institut d’ethnologie et d’anthropologie sociale – IDEAS, CNRS, AMU)
Maria Elisa Dainelli (Università degli Studi di Siena)
Dafina Gashi (Johannes Gutenberg University)